L'odyssée de Maritéa

Genèse d'une passion

Passion identifiée...

Éric et Céline se sont rencontrés sur les bancs du lycée. L’un avait navigué chaque été, depuis l’âge de six mois, à bord du ketch de ses parents ; l’autre avait passé son enfance à bord d’un autre voilier, prêt à larguer les amarres, mais qui n’avait jamais pris le large.

Le premier est tombé amoureux de la mer et des bateaux au cours de son enfance, presque à son insu ; la seconde s’est juré d’offrir à ses propres enfants ce qu’elle espérait pour elle-même.

Après une visite décisive au salon nautique de Paris, Éric, âgé de dix-huit ans, décide de vivre sa passion pour la mer et les bateaux en devenant skipper professionnel. Un jour, dans le port de Toulon, son ami Armand lui demande quel serait le bateau idéal pour réaliser son rêve de vivre sur l’eau. Spontanément, Éric lui désigne un grand ketch amarré au bout de la dernière panne, juste en face d’eux : « Tu vois ce voilier avec une bande bleue sur la coque ? C’est exactement celui-là. Tout en lui inspire le voyage au long cours… »

Ce voilier – Éric ne le savait pas encore – était Cannibal III, le « Mikado » d’Alain Cochez, à bord duquel il allait embarquer la même année pour sa première saison de charter en tant que matelot. La rencontre et l’amitié avec Alain, skipper hors du commun, marqueront profondément Éric. Et si Maritéa est également un Mikado, les raisons en sont autant objectives qu’affectives…

Passion confirmée...

À tout juste 20 ans, Céline embarque avec Éric dans ses aventures. Ensemble, ils naviguent sur Cannibal III en Grèce, puis sur Souleïas, un sloop de 17 mètres basé à Cavalaire. Ce sont déjà de grands voiliers pour un équipage aussi jeune…

Mais plus les rêves sont grands, plus il faut se donner les moyens de les atteindre. Éric intègre l’École nationale de la Marine marchande à Marseille, tandis que Céline prépare son brevet d’État de voile à Granville.

Cette séparation géographique provisoire leur permet de faire une nouvelle rencontre exceptionnelle : celle de Gilbert Hurel, patron et armateur du Courrier des îles. Depuis 1978, Gilbert est le « taxi » des îles Chausey, dont il connaît tous les secrets. En 1994, Éric a le privilège d’être son premier matelot. Gilbert, après Alain, sera le deuxième capitaine-mentor du jeune officier de la Marine marchande.

Passion partagée...

De 1996 à 1998, Éric et Céline vivent une belle expérience humaine en tant qu’équipage de l’Émigrant. À bord de ce langoustier de Camaret reconverti, ils accueillent exclusivement des enfants et adolescents du Territoire de Belfort en difficulté familiale et scolaire.

Ces enfants, qui n’ont pour la plupart encore jamais vu la mer, vivent un moment déterminant à bord du vieux ketch aurique. La mission des quatre adultes qui les accompagnent est de leur redonner confiance en eux et de leur montrer qu’ils peuvent décider eux-mêmes du cap que prendra leur vie, pour peu qu’ils osent croire en leurs rêves.

Carrière passionnée...

Tandis que Céline se concentre sur les voiliers et obtient à son tour son brevet de skipper professionnel, Éric enrichit sa carrière avec la navigation sur des navires de la Marine marchande. Il est d’abord élève-officier sur un remorqueur, puis lieutenant sur un soufrier et enfin second capitaine sur des cargos de la Compagnie maritime nantaise. C’est cette compagnie qui gère l’équipage du trois-mâts Belem et Éric y embarque d’abord en tant que lieutenant, puis comme second capitaine. Il y découvre la manœuvre du gréement carré, se formant auprès d’un capitaine exceptionnel : le commandant Michel Pery.

Belem - Eric Saint Plancat

Passion dédoublée...

En 1999, à l’âge de 26 ans, Éric est nommé skipper du plus grand catamaran à voile du monde à l’époque : le Douce France. À la barre de cette superbe goélette de 42 mètres de long, il parcourt la mer des Caraïbes et la Méditerranée, traversant l’Atlantique à la voile entre chaque saison.

Eric Saint Plancat Douce France

C’est à bord de Douce France, en août 2000, qu’Éric fait la rencontre déterminante de Guy Laliberté, ancien artiste de rue québécois et fondateur du Cirque du Soleil. L’immersion dans l’univers fascinant de cette entreprise unique au monde le marque très profondément, tout comme l’exceptionnelle personnalité de son leader.

Le 23 février 2001, comme un clin d’œil à leur nouvelle amitié, Éric et Guy ont la joie d’accueillir la naissance simultanée de leurs filles respectives, Juliette et Moani.

Passion renouvelée...

En 1999, Céline rachète l’ancien bateau de travail de Gilbert Hurel, La Mauve, et entreprend de le restaurer. Après avoir créé sa propre entreprise, elle organise des sorties à la journée sur la Rance et aux abords de Saint-Malo, au départ du charmant village de Saint-Suliac où elle s’est établie avec Éric.

Ayant ainsi trouvé une activité maritime compatible avec la maternité, Céline fait le plus grand plaisir à notre ami Gilbert en redonnant vie à la petite soeur du Courrier des Îles. La Mauve devient rapidement la fierté de Saint-Suliac et fait le bonheur de tous ses passagers.

Passion sublimée...

L’année 2003 est un millésime exceptionnel. Eric, qui vient tout juste de fêter ses 30 ans, se voit confier le commandement du Belem. Son rêve, qui n’était que de poser un jour son sac à bord, est dépassé…

BELEM
Eric & Céline à bord du Belem en 2004

Mais surtout, en octobre, un petit mousse vient compléter l’équipage. Éric et Céline ont longtemps cherché son prénom, alors qu’il était pourtant évident: Damien, ce petit voilier en bois avec lequel Jérôme Poncet et Gérard Janichon ont réalisé un incroyable voyage autour du monde entre mai 1969 et septembre 1973, traversant les latitudes du Spitzberg à l’Antarctique. Le récit de ce voyage, admirablement décrit par la plume talentueuse de Gérard, a beaucoup inspiré les jeunes parents…

Juliette & Damien
Première rencontre entre Juliette & Damien, octobre 2003

Sans oublier les clins d’œil de la vie : la rencontre improbable avec Jérôme Poncet en 1999, alors qu’Éric et Céline restauraient La Mauve sur le quai de Saint-Malo ; il a apporté un bout d’Antarctique dans leur appartement d’Intra-Muros, le temps d’une soirée inoubliable dont l’ambiance n’avait rien de polaire ; ou encore celle de son frère Fabien, dont ils ont bien failli acheter le Mikado, et qui leur a confié pourquoi le voilier Damien portait ce joli nom.…

Passion complétée...

Si Éric a un penchant évident pour la navigation à voile, sa carrière serait incomplète sans le commandement d’un navire de commerce. En 2004, à l’âge de 31 ans, il se voit confier la responsabilité du MN Toucan, roulier spécialisé dans le transport de la fusée Ariane 5 entre l’Europe et la Guyane. Avec ses 115 mètres de long, c’est le plus gros navire dont le jeune capitaine aura eu la charge à cet âge.

Le MN Toucan sur le fleuve Kourou
Eric Saint Plancat
L'équipage du MN Toucan, novembre 2004
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